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Pourquoi « bienvenu » ?

Publié le par Saintex

6e saison

Vendredi 30 janvier 2015 Chronique des profs n°2

Un professeur canadien, croisé dans les couloirs et venu nous saluer, nous a ainsi interpellés : « mais vous autres les Français, comment vous faîtes pour nous amener la neige chaque fois que vous venez ? » Benoîtement, nous lui avons répondu que nous n’étions en rien responsables du programme, de l’itinéraire comme on dit ici, mais que nos collègues organisateurs faisaient toujours fort bien les choses pour nous accueillir, et sachant que nous avions promis l’hiver canadien à nos collégiens, eh bien, ils nous servaient un véritable hiver canadien !!

Tout ceci pour dire qu’il a bien neigé cette nuit et que Colin qui mourait d’envie de malaxer la neige depuis qu’il a entrevu deux flocons (grisâtres) à la sortie de l’aéroport de Montréal, a pu en consommer tout son saoul !

Si l’on en croit la rumeur publique, il se pourrait même qu’il fasse de plus en plus frette dans les prochains jours. 30°Celsius en dessous de zéro en température ressentie en début de semaine nous annonce-t-on. Si c’est le cas, il faudra patiner fortement sur le canal Rideau lundi matin…et skier avec ardeur l’après-midi sur les rives du lac Leamy !

Quant à nos voyageurs, ils se sont présentés au matin dans l’agora de l’école, plus ravis les uns que les autres. Anna est arrivée la première, sourire aux lèvres, yeux brillants. Ludivine a semblé naviguer sur un nuage toute la journée et Mathilde M qui nous avait quittés la veille au soir un tantinet inquiète nous est revenue radieuse. Eva pour sa part n’en revenait pas que sa correspondante lui ait laissé son lit pour dormir sur un matelas posé par terre.

Elodie de son côté s’était beaucoup interrogée sur le sens des expressions usuelles en terre franco-ontarienne : pourquoi dit-on « bienvenu » aux gens qui vous demandent un renseignement ou qui vous rendent un service? »

Quant aux garçons, ils avaient manifestement eu le temps de décliner puis de pratiquer nombre d’activités communes dans la soirée. Dans les conversations, il était question pêle-mêle de Ferrari, de jeux vidéo, de hockey, de soccer, de basket, de musique, de « Hunger games » et autres films…. Bref, ni larmes, ni drame…

Pourquoi « bienvenu » ?

Aujourd’hui, découverte de l’école Gisèle Lalonde à travers une succession d’ateliers et d’activités concoctés par nos deux jeunes collègues canadiennes, mesdames Pascale et Danielle.

Pendant qu’une moitié du groupe gagnait la salle de classe de monsieur Marcel, professeur expérimenté de Sciences expérimentales, pour étudier les fluides et plus particulièrement la viscosité au moyen de prototypes de crêpes cuisinées in situ, l’autre partie de l’effectif s’initiait aux arts visuels en réalisant un canevas peint sur toile.

Le thème imposé par madame Danielle consistait à rassembler simultanément dans un logo des références aux deux pays, aux deux écoles et aux deux correspondants.

Dès l’ébauche sur le « sketchbook», il est apparu que la fusion des trois critères dans un même logo constituait un défi insurmontable pour certains de nos binômes ! Sympa le lecteur MP3 mâtiné de crosses de hockey et d’une note – « parce qu’on aime ça m’sieur ! » mais guère en rapport avec le sujet, rigolo le demi ballon empli de flocons (parce que la veille au soir on avait d’abord joué au basket puis dans la neige fraîche !), étonnant le robot sur une planète. Mais face à un impitoyable jury de professeurs, très, trop exigeant selon certains –n’est-ce pas Mathilde M ? – il fallait reprendre ses crayons et tenter, parfois en vain, d’améliorer son esquisse.

Pourquoi « bienvenu » ?
Pourquoi « bienvenu » ?

La technique picturale laissant parfois à désirer, nous eûmes quelques belles intuitions malmenées par des mains malhabiles mais pleines de bonne volonté. (Voir l’exposition jumelle). Avec parfois un effet paradoxal : ainsi le gros pinceau employé par Eric pour dessiner les fines arcatures de la tour Eiffel a transformé notre monument parisien en tipi amérindien, ce qui était, reconnaissons-le, une façon habile quoique involontaire, de représenter un échange culturel entre la France et le Canada.

Quant à Colin, victime d’une peinture récalcitrante qui se déversait systématiquement du mauvais côté du pinceau, il ne parvint pas plus que son correspondant Donovan à sauver leur bonne idée de départ.

Noé et son binôme Patrick remportèrent sans conteste le premier prix de vitesse, mais de vitesse seulement car la finition n’entrait pas a priori dans leur contrat.

Pauvre Noé qui consacre beaucoup de temps à la lessive depuis notre arrivée à l’aéroport de Roissy. Aujourd’hui, c’est une élève de 7e (notre 5e) qui l’a percuté alors qu’il transportait une palette de peinture qu’il emmenait nettoyer. Son blouson rouge de l’échange a pris une subite tournure arc-en-ciel et les lavabos de l’école dans lesquels il a tenté d’effacer toute trace de couleur étaient joliment « peinturés » comme on dit ici.

En revanche, Mathilde M et Maxime, Cindy et Maya, Violette et Amélie, Léa G et Sydney ou encore Elodie et Jacob ont produit de bien jolis canevas, pensés avec soin et réalisés avec application. Toutes ces œuvres destinées au grand public seront prochainement visibles sur notre galerie virtuelle.

Pendant ce temps, à l’autre bout du couloir qui traverse les locaux de l’école intermédiaire, un drame se nouait sous les yeux impuissants de madame Antonini : la pâte à crêpe réalisée par Lorris et Cedrik son correspondant canadien, excessivement liquide, n’avait pas la viscosité requise par le règlement intérieur de l’école Gisèle Lalonde de sorte qu’il leur a été demandé de rajouter un ingrédient solide. Qu’à cela ne tienne ! La mélasse (périmée) dénichée dans un fond de placard ferait bien l’affaire. Toute la mélasse. La question de la liquidité a ainsi été résolue. Mais il fallait dorénavant s’occuper de la solidification excessive d’une pâte à parpaing devenue inconsommable…… !

Lucas et Jacob ont opté pour la crêpe unique déversant la totalité de leur pâte dans la poêle. Pour la crêpe, c’était raté. Pour l’omelette en revanche, ils conservaient leur chance.

A l’inverse, Violette a su parfaitement déjouer les pièges de la viscosité, ce qui est parfois très utile dans la vie ainsi que nous en avons fait l’expérience la semaine passée quand d’aucuns avaient de visqueuses idées à l’encontre de notre échange. Tous les collègues canadiens rencontrés aujourd’hui n’ont d’ailleurs évoqué que les événements dramatiques des 7,8 et 9 janvier et des menaces qui ont pesé sur le maintien de notre voyage.

Pourquoi « bienvenu » ?
Pourquoi « bienvenu » ?

Après le repas dévoré dans la cafeteria de l’école où chacun a pu déballer sa boîte à lunch, tout le monde s’est rendu dans la magnifique salle de classe de madame Danielle qui avait préparé à notre intention un quizz sympathique de trente questions portant sur le Canada et la France. Pour gagner, il fallait non seulement répondre avec justesse mais aussi le plus rapidement possible.

Disons-le ici tout net, ce fut un moment difficile à supporter : une grande salle avec un tableau interactif relié à 24 tablettes numériques en état de marche et un débit ADSL suffisant…..le rêve pour un professeur de Marolles.

Les diverses questions, toutes plus difficiles les unes que les autres, se sont succédées : quels sont les ingrédients qui composent la poutine ? Quel est le nom de la pâtisserie vendue le long du canal Rideau ? En combien de temps a-t-on construit la tour Eiffel ? Quel est le nom de l’hymne national français ? A ce jeu subtil, C’est Théo, bien épaulé par sa gentille camarade de 7e qui s’est montré le plus vif. Il est reparti ce soir avec un beau trophée en chocolat représentant les symboles de l’équipe de hockey d’Ottawa, les Senator’s. Florine, en tête du quizz jusqu’à la 27eme question perdit son avance dans la dernière ligne droite, disparaissant même du classement à l’ultime interrogation.

Pourquoi « bienvenu » ?
Pourquoi « bienvenu » ?

La fin de la journée fut consacrée à une chasse au trésor destinée à permettre à nos petits Français de découvrir l’école Gisèle Lalonde dans sa totalité, du gymnase à la menuiserie, de la conciergerie aux bureaux de l’administration. Dans cet exercice Alexia déploya son aisance naturelle et accosta sans hésitation tous ceux qu'elles croisaient afin de leur soutirer les renseignements dont elle avait besoin.

A l’extérieur, la neige fraîche irisait sous le soleil, le ciel était bleu. Le temps de rappeler à nos vingt- quatre ambassadeurs les consignes de comportement et d’habillement pendant la fin de semaine qu’ils allaient passer dans leur famille canadienne, le temps de relancer les deux journalistes retardataires de la veille (sur trois), de mobiliser les trois reporters du jour, le temps enfin d’évoquer l’obligation de produire un texte (avec ponctuation !) avant dimanche 23 h pour raconter leurs exploits de fin de semaine et la sonnerie retentit provoquant aussitôt la ruée des blousons rouges vers la salle de classe de leurs correspondants.

Instant d’extrême solitude pour les trois profs….On est peu de choses quand même !

Ce fut une belle journée de rencontres et de découvertes.

Monsieur DR

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Edwige Flecher 01/02/2015 19:27

Thank you so much for this blog . It is wonderful to read and allows us to share the excitement and be part of this journey of discovery and learning .
Such a wonderful opportunity for these young people , memories for life.
Enjoy !
Lea Flecher 's aunt from Poole Dorset UK

Ras 01/02/2015 10:48

Merci pour avoir pris le temps de nous détailler cette première journée de découverte du collège!!
Les crêpes ont volé et nous ont mis l'eau à la bouche, donc journée crêpes à Marolles aussi!! Beaucoup de neige en France aussi, 2 mètres en 2 jours pour certaines stations
http://images.sudouest.fr/images/2015/02/01/l-acces-aux-stations-du-bearn-est-ferme-jusqu-a-nouvel_2439904_800x400.jpg?v=2

Ras Jean marc et Catherine 01/02/2015 10:52

C'était les parents de Rose ...

Laure 01/02/2015 00:41

Merci pour tous ces détails. Nous constatons que nos enfants peuvent à présent fournir la compagnie Air Transat en crêpes !
Quel beau collège et matériel !

Laurent A. 31/01/2015 18:37

Quel fabuleux roman ! On se délecte à lire les aventures de nos chères têtes blondes. Effectivement, il semble que l'éventuel stress de l'éloignement soit plus flagrant chez les parents que chez leur progéniture !...
Malgré le froid ambiant, ça bouillonne tout de même sous les tuques....
Encore bravo et merci de leur faire vivre cette sympathique et inoubliable expérience.

Laurence M 31/01/2015 17:34

Y a-t-il assez de vêtements dans la valise de Noé ?

jpn 31/01/2015 16:38

Bjr DR bonjour à tous.
Nous vous remercions pour ces comptes-rendus détaillés et agréables à lire. Vos talents de rédacteur et de photographe nous font traverser l'Atlantique et nous déposent à vos côtés. Ces habiles tournures tantot humoristiques tantot poétiques nous permettent de vivre dans les moindres détails le séjour de nos chers enfants. Puissiez vous les consigner au sein d'un cahier de voyage. Vous y trouveriez preneurs. Merci. Les parents de Cindy.