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Tout ça pour ça !

Publié le par Saintex

6e saison Lundi 9 février 2015

Chronique des profs n°8

Tout le monde s’est levé fort tôt ce matin ! Le rendez-vous à l’Ecole avait été avancé car le trajet qui sépare Orléans au site d’Escapade Eskimo représente environ deux heures de route.

Nous partons avec un peu de retard sur l’horaire prévu car, comme tous les matins, il nous faut dialoguer avec les uns, discuter de la fin de semaine avec les autres, évaluer l’état moral de certains, tenter d’apaiser les frictions éventuelles franco-canadiennes et franco-françaises, capter le vécu, le ressenti de chacun, juger des humeurs et mesurer les accès de blues….entendre et essayer de comprendre. Un ado, ce n’est pas toujours simple mais vingt-quatre ados qui interagissent avec vingt-quatre autres, cela relève parfois de systèmes combinatoires particulièrement complexes.

Le Bobus nous attend accompagné d’un Lindabus à moutarde. Deux heures dans les congestions matinales de la circulation de la capitale fédérale canadienne puis sur les routes encore partiellement enneigées du Québec. Nous traversons des villages silencieux et noyés de blancheur, empruntons des routes désertes, longeons des cours d’eau englacés.

A l’arrivée le maître des lieux nous informe……qu’il ne nous attendait pas !! Pas de traîneaux attelés, pas de chiens, pas d’employés…et en plus, il doit s’absenter pour un rendez-vous… !

Un sombre pataquès dont la source se trouverait dans l’annulation de notre voyage et donc de la première réservation faite par nos collègues de l’Ecole Gisèle Lalonde qui a été « cancellée » (en franglais dans le texte) explique cette déconvenue majeure. La seconde réservation n’a pas été prise en compte par les propriétaires qui imputent à l’Ecole la responsabilité de ce malentendu. Il semble bien plutôt qu’ils n’ont pas enregistré et confirmé la demande qui leur a été faite pour ce lundi 9 février, ce qui nous laisse dans l’embarras. Quatre heures de bus pour rien ? Et 45 minutes de tentatives d’explication et de palabres….. ?

Les jeunes Français et Canadiens font bonne figure et masquent au mieux leur déception mais certains visages dénotent une réelle désillusion tels ceux d’Eva et de Léa. Comme nous les comprenons !

Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !

Il nous est proposé de réaliser les deux autres activités prévues, à savoir les glissades et les raquettes.

Un premier groupe de 24 élèves des deux établissements part à l’aventure avec ses trois charmantes enseignantes dont madame A. toute à sa joie de pratiquer la course d’orientation. Dans la neige poudreuse, ils s’affalent, s’étalent, ainsi Violette qui a pratiqué la planche sur neige sans planche ou Emma qui en apprécie les qualités gustatives. Leurs correspondants s’y inhument littéralement comme les jeunes français sur une plage de l’Atlantique au mois d’août. Lorris décidément n’aime guère avoir autre chose que des chaussures aux pieds : ni skis de fond, ni patins à glace, ni raquettes.

Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !

Dans le même temps, l’autre moitié de l’effectif, encadré par leurs deux charmants professeurs, se précipite le long d’une pente vertineigeuse allongé ou agenouillé sur des planches de surf. Les passages successifs des glisseurs accentuent les reliefs et les bonds se font plus marqués. Ludivine, Séveriane, Léa G. et Mathilde M décrètent prudemment préférer abandonner leur planche à des camarades dans le besoin.

Colin entreprend de percer une nouvelle transcanadienne à travers la couche de neige fraîche, appuyé par son acolyte habituel, Lucas qui ne termine jamais la descente dans la position où il l’a commencée.

Eva pratique le surf assis, Alexia opte pour les figures vrillées, Théo et Mathilde L. adoptent la position aérodynamique de recherche de vitesse. En vain. William descend de blanc revêtu et pose devant la presse tel un surfeur australien. Rose fonce tête baissée en riant.

Monsieur L. qui veille à la sécurité au bas de la piste tout en assurant la fonction de photoreporter renonce à sortir l’appareil de son étui pour éviter de sortir son doigt de son gant. Il fait moins vingt-cinq degrés en dessous de zéro et l’immobilité est fortement déconseillée.

Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !

Le dîner a lieu dans la grande salle du bâtiment d’Escapade eskimo qui ne suffit pas à contenir tout le monde. Au sortir de table, il nous reste 45 minutes à peine avant le départ pour inverser les groupes. Le groupe 2 de madame A. cherche à battre des records de distance en surf. Noé et Eric s’emploient sans succès à rivaliser avec les Canadiens en matière de glisse. Pour sa part, Jean descend la pente par étapes, posément, au ralenti.

Violette, Elodie et Anna testent la poussée d’Archimède dans la neige en s’y jetant de façon à obtenir le trou le plus profond. Emma va s’asseoir à deux pas d’une jeune chienne craintive que la consigne énoncée cinq minutes plus tôt défendait d’approcher.

Pendant ce temps, le groupe 1 piloté par un spécialiste en faune, flore et veste polaire, monsieur L. s’enfonce dans la forêt québécoise. Tout le monde a chaussé ses raquettes sauf Mathilde M. qui préfère la marche. Léa G. reprend les habitudes acquises vendredi dernier et creuse des trous, Colin court devant et William enfoncé jusqu’aux genoux dans la poudreuse concède du bout des lèvres que les raquettes permettent tout au plus d’aller plus vite…..

Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !
Tout ça pour ça !

A 13 h15, les deux bus repartent pour Ottawa. Nos jeunes gens sont en pleine forme et nous le font savoir en poussant le bouton du volume sonore collectif, perturbant la sieste de leurs professeurs.

Quand nos élèves et leurs correspondants s’éparpillent comme des chikadees à la sortie de l’école, deux heures plus tard, sans avoir trop manifesté leur dépit, nous leur en sommes gré car notre déception est d’autant plus grande que nous avions goûté pour notre part au plaisir du « mushing » l’année passée et que nous mesurons ce dont ils ont été privés.

Pour nous consoler, pour les consoler, nous nous disons que les choses auraient pu être pire si nous n’avions pas pu partir du tout. Alors, faisons contre mauvaise fortune bon cœur !

Ce fut une belle journée, un peu moins belle que prévue, c’est tout. Demain est un autre jour.

Monsieur DR

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Laurent A. 10/02/2015 10:11

Le conte de fée était trop parfait jusqu'à maintenant... That's life !