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Chère Emily, Bis

Publié le par Saintex

Mercredi 25 janvier 2017                                               Chronique des profs n°6

 

"J’aurais voulu pouvoir écrire qu’à la suite de notre visite du Parlement canadien ce matin, nous avons obtenu 100% de réussite au questionnaire soumis à nos 25 blousons rouges. Malheureusement, en dépit de la qualité de votre présentation de l’architecture, de l’Histoire et de l’institution législative, nombre de réponses s’avèrent erronées. Ainsi par exemple, pour notre Justine, le Canada est-il une dictature alors qu’au risque de froisser votre susceptibilité nationale, Alexis, Nathan et Robin considèrent que votre pays est toujours une colonie forcément britannique l’année du cent-cinquantenaire de la fondation du Canada indépendant.

Chère guide, vous nous avez présenté successivement la chambre des députés puis le Sénat en insistant bien sur la composition de la première formée des élus du peuple canadien et sur celle du second constitué par des personnalités proposées par le premier ministre au gouverneur général, représentant de la Reine d’Angleterre (souveraine du Canada et de quinze autres états dans le monde). Mais en sortant du Parlement Leslie ne savait plus rien des députés et Baptiste P des sénateurs!

Vous, la native d’Halifax en Nouvelle-Ecosse, qui vous êtes exprimée dans un excellent français perfectionné pendant deux ans sur les terres angevines de Joachim Du Bellay , avez passionné votre auditoire grâce à un exposé ponctué d’anecdotes plaisantes mais sans empêcher Gwendoline, Lola et Baptiste de confondre les deux sièges de la reine et du prince qu’on sort avec de vulgaires strapontins pour invités.

Nos vingt-cinq blousons rouges ont apprécié votre visite guidée et vous ont trouvée fort sympathique mais leur connaissance toute neuve de l’institution parlementaire du Canada s’est manifestement estompée au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient de vous.

 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis

Nous aurions aimé que notre aimable Amélie Pa puisse, elle-aussi, profiter de votre savoir mais la défection inattendue du bus jaune de confection cheptainvilloise qui a oublié de passer la prendre ce matin avec sa correspondante à leur arrêt habituel, lui a interdit de prendre le départ avec ses vingt-cinq camarades (tous en blouson rouge et tous en bonnet ce matin ). Ainsi, pendant que vous décriviez le fonctionnement législatif de votre Parlement, Amélie a assisté sans déplaisir apparemment à quelques périodes de cours avec la classe de sa correspondante Isabelle.

Nous espérons que ses amies sauront lui restituer leur enthousiasme devant la contemplation de la capitale canadienne depuis le troisième étage de la Tour de la Paix qui domine la colline du Parlement et la rivière des Outaouais. Illuminée enfin par un soleil temporairement retrouvé, la métropole ontarienne  se révèle sous ses plus beaux atours de Dame Blanche. 

Ainsi Héloïse, littéralement pétrifiée, en vision panoramique devant le spectacle ou Sarah ou Lola ou Gwendoline ou Justine positivement ravies ! Mais qu’Amélie ne s’avise pas d’aller questionner Robin et Samy puisque les deux compères sont restés au pied de la tour pour cause de vertige.

 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis

Dans la chapelle du Souvenir, charmante Emily, nos collégiens ont pu découvrir les noms de soldats canadiens tués dans les différentes guerres auxquelles la jeune nation canadienne a participé  depuis 1867.

Au sol, le dallage porte le nom des batailles célèbres au Canada telles celles d’Arras ou Vimy en France.

Ce que nous avons fait ensuite n’a guère plus de rapport avec votre travail de guide-interprète mais nous voudrions néanmoins ici vous remercier pour la qualité de votre prestation, votre humour et votre gentillesse. Oui, mademoiselle Emily -et non Julie comme nous l’aurions dit dans le Livre d’or disponible près de la boutique.si votre travail avait été jugé insuffisant par notre jury de collégiens- Recevez ici l'expression de toute notre gratitude.  Naomi et Sarah ont d’ailleurs déposé de leur propre initiative un petit mot en ce sens à votre sujet.

 Je vous serais également reconnaissant de bien vouloir transmettre à tous les personnels d’accueil et de sécurité, tous mes remerciements pour leur patience et leur compréhension à l’égard des petits Français avec lesquels ils ont parfois échangé quelques phrases, intrigués par leurs fameux blousons grenadine. Je dois confesser mon soulagement qu’aucun d’entre eux n’ait surpris Samy vautré par terre à trois mètres de l’entrée de la Chapelle !

 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis

J’imagine chère amie, que la suite de notre journée vous intéressera peut-être. Sachez que nos apprentis-voyageurs sont facétieux et qu’on ne s’ennuie pas à les accompagner au long d’une journée entière.

Revenue à la vie civile, Madame Antonini a poursuivi sa formation en égoportraits comme on dit à l’Est de la rivière des Outaouais. Nous avons bien volontiers contribué à ses exercices pratiques sous les conseils avisés de Lola et de Leslie. Sous un soleil éclatant quoique temporaire, tout le groupe a posé joyeusement pour une sarabande de « selfies » (en français dans le texte).

Puis d’un pas décidé, nous rejoignons le Centre Rideau en passant par-dessus le canal du même nom, désespérément vide de patineurs pour cause de redoux qui donne du vague aux lames. Direction, la foire alimentaire, c’est-à-dire l'aire de pique-nique ouverte aux Ottaviens qui viennent y consommer le contenu de leur boîte à lunch ou de la restauration rapide de toutes les cuisines du monde.

 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis

Ce repas gastro-économique ne nous a guère retenus longtemps et nos trois groupes se dispersent dans les galeries marchandes chacun derrière son enseignant. Monsieur Legay voit évidemment rouge, madame Antonini rit jaune et monsieur Renault se met aux Verts.

Amélie Pa reconduite par madame Clavette junior retrouve alors ses camarades. En payant un achat, elle découvrira un peu plus tard et identifiera dans son porte –monnaie un ancien billet de vingt dollars canadiens représentant l’œuvre intitulée

« l’esprit de Hyda gwaii » présentée par le guide au Musée canadien des civilisations.

Disons-le, la perspective d’une randonnée commerciale dans le Rideau sans terre enthousiasme beaucoup moins les garçons que la plupart des filles. Certains se résignent, d’autres cherchent un dérivatif vidéo dans les jeux de leur téléphone. Dorian et Roman choisissent quant à eux de changer de genre et de se glisser avec bonne humeur dans la peau d’une demoiselle, le temps de se muer quelques instants en Doriane et Romane.

Nathan avant de perdre son téléphone à la foire alimentaire, a été abordé par une ancienne jeune femme, aujourd’hui septuagénaire probable, qui l’a interrogé sur son séjour au Canada, ce qu’il y faisait et d’où il venait. Notre collégien a alors compris deux choses : d’abord que l’anglais est une langue bien utile au Canada et ensuite qu’il lui faudra utilement progresser en ce domaine !

Puisqu’ils devaient y accompagner leurs copines Lola, Gwendoline (surtout !) et Justine, Baptiste B et Clément ont décidé que leur venue dans la bonbonnière

« Victoria’s secret » serait marquée d’une pierre blanche et qu’ils devaient poser pour la postérité devant cette boutique de lingerie féminine. Pendant ce temps, Samy explore un par un les commerces de téléphone.

Le groupe des verts, solitaire, effectue un petit détour par le renommé marché By au coin duquel la new-yorkaise Samantha et les deux admirateurs secrets de Victoria ingurgitent une queue de castor chocolatée. La productrice de sirop d’érable du trottoir opposé se réjouit de notre passage tandis que, Samy, dédaignant les consignes, s’occupe à sa façon en bombardant ses coreligionnaires des deux sexes à l’aide de boules de neige. Il va de soi que ces derniers ripostent. L’arrivée des deux autres groupes puis du bus jaune du jour éteint les hostilités.

Sur le chemin du retour, Juliette, l‘exigeante rédactrice en chef de la semaine, nous a rappelé qui sont les pigistes et le photoreporter du jour. Puis chacun a regagné ses pénates canadiens, tout à la fois un peu plus savant et un peu moins riche en dollars.

Voilà chère Emily quelle a été en résumé la quintessence ce cette nouvelle journée à Ottawa. Que de souvenirs supplémentaires engrangés par les blousons rouges ! Nous espérons bien avoir le plaisir de vous revoir l’année prochaine. Ce qui nous donnera peut-être l’opportunité de connaitre la couleur de vos yeux à laquelle nous n’avons pas prêté attention et de satisfaire ainsi la curiosité de nos lecteurs. »

Mais demain est un autre jour.

DR

 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis
 Chère Emily, Bis

Commenter cet article

J.Hardouin 28/01/2017 14:35

Un grand merci à Madame Antonioni, Monsieur Legay et Monsieur Renault.
Vous êtes SUPER !!!
Les Grand Parents de Gwendoline

Alain 27/01/2017 12:27

Nous apprécions le style et l'envie donnée par le rédacteur. Oui ce sont de beaux moments. moi, j'ai 63 ans et je n'ai toujours pas compris que le CANADA indépendant avait une reine !!! d'Angleterre. Confusif je crois toujours ce Commonwealth... on peut s'améliorer. Merci pour ces comptes - rendus qui sont des partitions de vie comme un orchestre et ses solistes en harmonie.

Virginie 26/01/2017 22:26

Mais où est M Renaud????
En tout cas une belle plume stagiaire!!!
Vivement demain....

Lætitia 26/01/2017 19:38

Quel suspense ce soir... Vite la suite !!

Aristide 26/01/2017 16:42

Le lieu est impressionnant!
Dense en explications pour les red blazers.

Philippe M. 26/01/2017 16:26

Et les yeux d'Emily, comment étaient ils ?

Philippe M. 27/01/2017 10:35

...alors, l'année prochaine, je reviendrai ...à Montréal...euh pardon, à Ottawa pour les yeux de qui vous savez.

Malle 26/01/2017 13:34

La suite. La suite